vendredi 5 octobre 2012

L'immobilier au Québec en perte de contrôle? Qui est responsable?

Je crois qu'après ce billet, je pourrai définitivement tourner la page sur l'immobilier, mais non sans m'être un peu vidé le coeur...

De plus en plus de propriétaires tentent de vendre par eux-même, non sans raisons selon moi... Ils perdent confiance envers les courtiers. Les courtiers sont bons et connaissent leur métier pourtant. Alors qui sont donc les vrais responsables de cette perte de confiance?  Il est bien beau de mettre un pansement sur le bobo à grands coups de publicités mais... Il faudrait peut-être voir ce qui a provoqué le bobo... Autrement dit... Il serait probablement bon pour l'industrie de l'immobilier de regarder dans sa propre cour et de se poser des questions...

Hier j'ai dévoilé les faits relatifs à une poursuite bâillon qui avait été entreprise contre moi, et abandonnée après avoir atteint le but escompté, qui était probablement de me forcer à quitter l'immobilier. Bien sûr, on ne m'a pas poursuivi sans raisons! La principale étant que mes propos suscitaient assez de réactions de soutien à ce que j'avançais, pour que ça dérange.

Il est certain que lorsque je mentionnais qu'il y a
trop de courtiers au Québec, les principaux responsables de cette situation n'appréciaient pas vraiment.
Mais, je persiste à dire que: le fait qu'il y ait trop de courtiers au Québec contribue à la mauvaise réputation qu'ont ces derniers au sein de la population. Les courtiers font, en général, un très bon travail, mais pour une grande partie, ils sont limités dans leurs moyens, dans leur budget de publicité et de formation, et conséquemment, dans les services qu'ils peuvent offrir. Tout ça, parce qu'ils doivent s'entre-déchirer un marché qui n'a pas les moyens de les faire vivre tous. Je dénonçais aussi les comportements engendrés par cette situation, comme le harcèlement envers les AVPPs (À Vendre Par Propriétaire) par un nombre effarant de courtiers... Ce n'est pas compliqué, les courtiers ont l'air de mouches sur du miel pour ces derniers! Que dire aussi de la prolifération des courtiers à rabais? Il y a des agences qui donnent pratiquement leurs services afin de pouvoir planter une enseigne devant une propriété! Je dénonçais aussi la certification QSC... Connaissez-vous beaucoup de professions qui tolèrent et encouragent que certains de leurs membres discréditent un autre type de membres au sein d'un même organisme? Non, on ne voit ça qu'en immobilier! Mais du même coup, l'immobilier veut avoir une image sérieuse et professionnelle aux yeux du grand public! Cherchez donc l'erreur!

Disons que ça ne prends pas une maîtrise en administration, ou en gestion, pour réaliser qu'avec une assiette de + ou -  80,000 transactions immobilières par années, réalisées par des courtiers au Québec, il n'y a pas assez de pain sur la table pour nourrir tout le monde.

Extrapolons un peu si vous le voulez bien... Si nous prenons pour acquis que 35 à 45% des propriétés se vendent sans l'intermédiaire de courtiers, ça laisse envisager que; même en débordant d'optimisme, la possibilité de transactions qu'il serait possible de faire au Québec seraient environ 116,000, en se fiant aux résultats récents. Et ça c'est en étant très, mais très optimiste!! Ça voudrait dire aussi, que les courtiers du Québec s'occuperaient de toutes les transactions immobilières de la province... Un monde idéal quoi!

Alors même en récoltant toutes les transactions de la province, il serait utopique de croire que 17,630 courtiers puisse vivre convenablement car cela ne représenterait encore que 6,58 transactions par courtier. On doit s'entendre aussi sur le fait que, vu le nombre grandissant de transactions qui impliquent plus d'un courtier, nous pourrions alors probablement réduire cette moyenne à 3,29 transactions par courtier...

Ce qui m'emmène à la question suivante:

Est-ce que ceux qui ont été sollicités par différentes formes de publicités pour devenir courtiers immobiliers depuis 10 ans, ont été, et sont toujours victime d'une forme de canular, ou encore d'un système organisé dans le but unique de faire vivre les bannières, ainsi que les organismes qui gèrent l'immobilier? Selon moi ça mérite réflexion.

 Je n'ai pas de chiffres exacts à citer parce que je n'ai pas accès à ces données mais, si je me fie à ce que je vois dans mon entourage immédiat de courtiers, et à ce que j'ai vécu au niveau du groupe d'élèves qui constituait la promotion dont je faisais partie au Collège de l'Immobilier; on parle de plus de 90% d'abandon de la profession après quelques années, et ça, c'est pour ceux qui ont réussi à faire plus d'un an!

Je comprendrais un taux d'abandon de 10%... Mais 90% de ma promotion? Il y a quelqu'un quelque part qui a négligé de bien informer les candidats! Et, je suis désolé mais,  j'ai bien du mal à croire que ça ne soit pas voulu! Et en plus, selon nos professeurs, nous constituions un groupe très prometteur! Je n'ose pas imaginer ce qui est arrivé aux groupes poches...

Ah oui! Ça me revient là... Au dernier jour de formation, un des professeurs nous a mentionné qu'il y avait déjà beaucoup trop de courtiers au Québec... Et... Que la nouvelle loi ne ferait que rendre les choses plus difficiles pour nous... Mais bon, après avoir investi trois mois à étudier à temps plein, et avoir dépensé quelques milliers de dollars, on était pas pour reculer. N'est-ce pas?

Comme bien d'autres personnes qui ont un esprit d'entrepreneurship, j'ai été attiré par la publicité de l'ACAIQ à l'époque, devenue aujourd'hui OACIQ. Les questions que je me pose depuis quelques années déjà sont:
Pourquoi donc attirer des gens dans une profession qui est saturée depuis longtemps? Et surtout, pourquoi continuer de le faire?! Du moins, pourquoi ne pas avoir limité les entrées avant? Bon, c'est vrai que la formation est maintenant, un tantinet plus difficile, mais on ne limite pas les entrées encore... On permet même à des personnes de devenir courtiers sans même suivre la formation!! Oui oui!! Juste à réussir l'examen!!

Ouvrons une petite parenthèse:

Aille Jean-Marc!! Tu me ressembles pas mal toé? Et heeee té courtier m'semble? Ahhhh tu l'étais? Tu lé pu... Pas grave çâââ... Ça te tente tu d'te faire 2 ptits bleus? eregârde, facile!! Manon a va te maquiller un peu, tu prendras mes pièces d'identité... Passe l'examen deeee... Comment ça s'appelle déjàààà? Ah oui!  d'l'os à ti cul je pense!! Fais çâ pour moé mon chum!! La formation coûte 4,500$ eregârde... moé je t'en donne 2,000$ Okayee?
Croyez-moi qu'il  va s'en trouver des courtiers, ou des ex courtiers assez idiots ou bien mal pris, ou encore assez malhonnêtes pour dire oui...

C'est quoi que je mentionnais plus haut déjà? Ah oui! L'immobilier au Québec veut se donner une image plus professionnelle au yeux du public... C'est ça oui...

Fermons la parenthèse et continuons...

Selon mes recherches sur la toile, il y avait environ 10,400 agents immobiliers au Québec en 2001, et ce chiffre est passé à 17,630 aujourd'hui. En 2001, le nombre de transactions immobilières au Québec était de 61,618. Considérant ce total, il est facile de déduire que, déjà à l'époque, la profession était saturée et ne générait pas assez de revenus pour l'ensemble des courtiers. Maintenant, avec 17,630 courtiers, il n'y a eu que 77,216 transactions en 2011 à se partager. Le prix des propriétés à plus que doublé, me direz-vous? Je vous répondrai que oui, mais le nombre de ventes pures est devenu presque inexistant, comparé à 2001, et les rétributions sont de moins en moins lucratives aussi. Je serais bien curieux de comparer les revenus entre les agents de 2001 et les courtiers de 2011 moi...

Comme je le disais plus haut: Pas besoin d'une maîtrise en administration pour en arriver à ce constat alors, considérant que ceux qui réussissent à se hisser aux postes de directions des organismes qui régissent l'immobilier de différentes façons au Québec sont, en général, plus scolarisé que la moyenne des courtiers. Ne savent-ils pas calculer? Ou, bien au contraire, savaient-il trop bien calculer, avant que l'internet ne vienne mettre du sable dans un système bien rôdé?

Quand je m'arrête à y penser, je n'avais peut-être pas ce qu'il faut pour devenir courtier après tout... Et d'autres qui ont voulu pratiquer cette profession non plus... Mais qui est responsable? Celui qui se fait attirer dans une profession mal gérée, ou bien la profession qui les a attiré sans conviction? Qui doit payer en bout de ligne? La profession ou les courtiers dépossédés de dizaines de milliers de dollars quand ils n'ont plus le choix de quitter?

Un trop grand nombre de courtiers, ça a fait mal à toute la profession, mais encore plus à ceux qui, comme moi, ont dû la quitter, ou qui devront le faire prochainement... Mais de grâce... Arrêter de faire de la publicité pour en attirer encore, et apprenez à bien gérer ce que vous avez!!

Sur ce... Bonne réflexion!!

Ha! Ça sonne à la porte! Serait-ce déjà le huissier?

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